Vacances d'hiver
Nous sommes arrivés hier, dimanche, en début d'après-midi. Mon papy et ma mamie maternels sont venus nous récupérer à l'aéroport. Deux heures de route pour arriver au chalet. Là, nous sommes accueillis par mon papy et ma mamie paternels. C'est un chalet loué tous les ans. J'ai déjà passé là de merveilleuses fêtes de Noël. L'étroite route sinueuse qui monte en épingles à cheveux sur les cinq kilomètres nous emmène jusqu'au col. De là, il y a le sentier qui mène au chalet. Ancienne construction de bois construite en 1925, la bâtisse est située à 1150 mètres d'altitude. La vue sur la plaine est magnifique. Il y a du soleil. Nous portons nos sacs à dos. Ils sont lourds et le sentier est parfois périlleux. Franchissant un pierrier impressionnant. Le pont en bois qui franchit le torrent. Là-bas, à flanc de la montagne, au-dessus de nous enfin, le chalet.
Les effusions de joie à nous revoir. Je prends possession de ma chambre. Je vérifie la connexion Wifi. Tout fonctionne parfaitement. Tant pour mon I-Phone que pour mon MacBook Pro. Je défais mon sac pour ranger mon linge, mes vêtements et mes affaires. Je soulage mes épaules endolories en me suspendant aux poutres pour une dizaine de tractions. Une dizaine de pompes et me voilà prête à redescendre. Il est seize heures trente et le crépuscule s'annonce. Le ciel bleu se voile légèrement. La fraîcheur extérieure oblige à se vêtir chaudement. À peine 3°. Je vais faire une balade avec papa. Nous retrouvons cet endroit isolé en montagne avec un grand plaisir. Papa porte la lampe frontale car, la nuit tombe très rapidement. Nous adorons bavarder tous les deux. Mon père a toujours été mon confident et mon meilleur ami. Il va être dix huit heures.
La nuit en montagne est incomparable. Un ciel d'encre où pullulent des milliers d'étoiles. La constellation d'Orion et son fameux "baudrier", la grande ourse. J'aime les penchants philosophiques de papa lorsqu'il me demande : << Tu vois la lumière de ces étoiles, elle a mis parfois des centaines de milliers d'années pour nous parvenir, maintenant, là, juste pour cet instant ! >>. Nous entrons dans le chalet pour dix huit heures trente. Je mets les assiettes et les couverts. Ce soir ce sera fondue Bourguignonne. Les odeurs qui flottent dans la cuisine sont une torture car je suis morte de faim. Nous mangeons à la lueur des bougies. Juste le crépitement des flammes dans les deux grands poêles en faïence. À l'idée que je vais passer là, deux semaines je me retrouve dans la petite fille que j'étais. Demain, avec maman, nous faisons le sapin.
Deux semaines dans un chalet en montagne
Deux semaines dans un chalet en montagne
J'aime être vue au point d'en oublier de voir
Deux semaines en montagne - Épisode 2
Je fais le sapin avec maman
Le matin, il fait vraiment jour vers huit heures. Je regarde par la fenêtre de ma chambre. La vue sur la plaine est absolument sublime. Le ciel promet d'être bleu en montagne. Par contre la plaine est couverte d'un voile qui va sans doute tout recouvrir de brume. Je ne suis pas la première levée. Mes papys et mes mamies ont déjà tout préparé. Papa et maman reviennent d'une promenade matinale. La température extérieure n'excède pas moins quatre degrés. Nous prenons notre petit déjeuner en racontant nos nuits. Je ne me rappelle que très rarement de mes rêves. J'écoute ceux des autres avec un grand intérêt. Ce lundi matin est une invitation au jogging. Je suis chaudement vêtue. Parfaitement équipée. Legging, sweat, K-way doublé. Bonnet et gants. Je descends l'escalier. Le froid est vif mais participe de cette atmosphère vivifiante des altitudes.
Le tuyau qui emplit le tronc d'arbre creux a gelé. Une couche de glace sur l'eau figée. Mes exercices d'échauffement. J'adore courir dans le froid. Je contourne le chalet pour prendre à droite. Ça monte en pente douce. Les deux réservoirs en béton à moitié dissimulés par les hauts sapins noirs. J'arrive aux pieds des falaises. C'est un endroit très particulier car l'endroit évoque la façade d'une cathédrale médiévale. Je coure en maintenant un rythme plutôt rapide et régulier. J'arrive à la forêt de hêtres et de chênes. Certains ont conservé leurs feuilles racornies. Une heure d'un grand plaisir. La douche au retour. Le chalet est silencieux. Mes papys jouent aux échecs. Mes mamies sont en balade. Papa coupe du bois à la cave. On entend le groupe électrogène qui permet de fournir du courant. Pour les plafonniers ce sont les panneaux photovoltaïque qui assurent.
Je déballe les décorations des boîtes. C'est un sapin que papa a coupé ce matin. Tous les ans, avec maman, c'est notre grand moment. Nous fixons les boules, les guirlandes. Mes mamies reviennent de balade pour s'extasier devant notre chef-d'œuvre. Je fais la crèche. Une réussite. Je rejoins papa à la cave. Je l'aide à empiler les bûches coupées. Ce sont les mamies qui sont aux fourneaux. Je suis morte de faim. Nous remontons avec papa. C'est très agréable de mettre les pieds sous la table. Les restes de viande de la fondue Bourguignonne de hier soir, rissolés avec des patates, des petits pois. Un régal. Cet après-midi, papa descend au village avec nos papys. Il faut faire des achats. Une belle dinde pour le réveillon de Noël. Rendez-vous est fixé au col pour dix sept heures avec les sacs à dos vides. Afin de monter les achats ensemble. Nous serons tranquilles jusqu'à samedi.
Le matin, il fait vraiment jour vers huit heures. Je regarde par la fenêtre de ma chambre. La vue sur la plaine est absolument sublime. Le ciel promet d'être bleu en montagne. Par contre la plaine est couverte d'un voile qui va sans doute tout recouvrir de brume. Je ne suis pas la première levée. Mes papys et mes mamies ont déjà tout préparé. Papa et maman reviennent d'une promenade matinale. La température extérieure n'excède pas moins quatre degrés. Nous prenons notre petit déjeuner en racontant nos nuits. Je ne me rappelle que très rarement de mes rêves. J'écoute ceux des autres avec un grand intérêt. Ce lundi matin est une invitation au jogging. Je suis chaudement vêtue. Parfaitement équipée. Legging, sweat, K-way doublé. Bonnet et gants. Je descends l'escalier. Le froid est vif mais participe de cette atmosphère vivifiante des altitudes.
Le tuyau qui emplit le tronc d'arbre creux a gelé. Une couche de glace sur l'eau figée. Mes exercices d'échauffement. J'adore courir dans le froid. Je contourne le chalet pour prendre à droite. Ça monte en pente douce. Les deux réservoirs en béton à moitié dissimulés par les hauts sapins noirs. J'arrive aux pieds des falaises. C'est un endroit très particulier car l'endroit évoque la façade d'une cathédrale médiévale. Je coure en maintenant un rythme plutôt rapide et régulier. J'arrive à la forêt de hêtres et de chênes. Certains ont conservé leurs feuilles racornies. Une heure d'un grand plaisir. La douche au retour. Le chalet est silencieux. Mes papys jouent aux échecs. Mes mamies sont en balade. Papa coupe du bois à la cave. On entend le groupe électrogène qui permet de fournir du courant. Pour les plafonniers ce sont les panneaux photovoltaïque qui assurent.
Je déballe les décorations des boîtes. C'est un sapin que papa a coupé ce matin. Tous les ans, avec maman, c'est notre grand moment. Nous fixons les boules, les guirlandes. Mes mamies reviennent de balade pour s'extasier devant notre chef-d'œuvre. Je fais la crèche. Une réussite. Je rejoins papa à la cave. Je l'aide à empiler les bûches coupées. Ce sont les mamies qui sont aux fourneaux. Je suis morte de faim. Nous remontons avec papa. C'est très agréable de mettre les pieds sous la table. Les restes de viande de la fondue Bourguignonne de hier soir, rissolés avec des patates, des petits pois. Un régal. Cet après-midi, papa descend au village avec nos papys. Il faut faire des achats. Une belle dinde pour le réveillon de Noël. Rendez-vous est fixé au col pour dix sept heures avec les sacs à dos vides. Afin de monter les achats ensemble. Nous serons tranquilles jusqu'à samedi.
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Deux semaines en montagne - Épisode 3
Les préparatifs
C'est le réveillon de Noël demain soir. Ce mardi matin, je fais mon jogging après le petit déjeuner. Mes papys étaient particulièrement en verve devant leurs bols de café. Fous rires garanties et à répétitions. Il y a une épaisse couche de nuages qui dissimule la plaine. Par contre nous sommes au soleil d'altitude. Lorsque je prends ma douche, je peux admirer la muraille de granit qui surplombe le pré en pente et notre chalet. C'est comme un haut mur qui barre toute la montagne. À environ deux cent mètres. Il y a parfois des téméraires qui tentent la varappe ou l'escalade. Pour le repas de midi, chacun une douzaine d'escargots avec de la potée de légumes. C'est divin. De faire la cuisine dans un chalet de montagne donne une saveur particulière aux aliments. Bien évidemment, je ne suis pas objective. Ce sont les vacances et je suis sur un nuage. Au propre comme au figuré. Par contre les températures restent ostensiblement sous glace. À peine moins 5° dans les meilleures heures de la journée. Moins douze degrés la nuit dernière.
Après la vaisselle, randonnée. Tous les sept près à partir dès quatorze heures. Il fait beau. Le soleil est le maître absolu d'un ciel d'azur sans le moindre nuage. Les prévisions météorologiques restent d'ailleurs optimistes pour les jours à venir. En montagne, la végétation offre toutes les déclinaisons des bruns. Des plus claires aux plus sombres. L'herbe sèche. Le pré est un pâturage à la belle saison. La ferme voisine, à environ quinze minutes de marche, place là ses vaches. Nous gravissons le sentier jusqu'aux pieds des falaises abruptes. Il faut les longer durant une dizaine de minutes. Puis c'est un chemin entouré de clôtures. Forêt de sapins et de chênes. Là, plus bas, la ferme. C'est également une auberge proposant un dortoir de dix lits et deux chambres individuelles. Nous contournons les bâtiments pour prendre la direction des chaumes qui surplombent les villages de la vallée. Rendus invisibles par l'épaisse couche de nuages. Nous imaginons facilement qu'en bas, sous les six sent mètres, il doit y avoir du brouillard. Un ciel gris.
La boucle permet de croiser nombre de randonneurs. Certains équipés comme pour un trekking au Tibet. C'est amusant. Là, à découvert, sur les hauteurs, le vent est glacial. Nous contournons le sommet et son antenne relai. Arrêt à la ferme-Auberge pour déguster des chocolats chauds et de délicieuses tranches de tarte aux pommes "maison". Il est dix huit heures trente quand nous arrivons à notre chalet. Il fait nuit. Le ciel noir est parsemé de milliers d'étoiles. La lune est invisible. J'alimente immédiatement les deux poêles en faïence.. Deux bûches de hêtres sur les braises. Papa bourre la cuisinière à bois de la cuisine. Ce soir, bouchées à la reine. Ce sont mes mamies qui s'appliquent aux fourneaux. Je traîne sous la douche. L'eau chaude me détend. Même bien vêtue pour affronter les froids, je ressens toujours les basses températures. Nous mangeons de bon appétit. En soirée, après la vaisselle, gagnés par la fatigue, nous nous offrons une partie de tarot. Je suis au dodo pour vingt deux heures.
C'est le réveillon de Noël demain soir. Ce mardi matin, je fais mon jogging après le petit déjeuner. Mes papys étaient particulièrement en verve devant leurs bols de café. Fous rires garanties et à répétitions. Il y a une épaisse couche de nuages qui dissimule la plaine. Par contre nous sommes au soleil d'altitude. Lorsque je prends ma douche, je peux admirer la muraille de granit qui surplombe le pré en pente et notre chalet. C'est comme un haut mur qui barre toute la montagne. À environ deux cent mètres. Il y a parfois des téméraires qui tentent la varappe ou l'escalade. Pour le repas de midi, chacun une douzaine d'escargots avec de la potée de légumes. C'est divin. De faire la cuisine dans un chalet de montagne donne une saveur particulière aux aliments. Bien évidemment, je ne suis pas objective. Ce sont les vacances et je suis sur un nuage. Au propre comme au figuré. Par contre les températures restent ostensiblement sous glace. À peine moins 5° dans les meilleures heures de la journée. Moins douze degrés la nuit dernière.
Après la vaisselle, randonnée. Tous les sept près à partir dès quatorze heures. Il fait beau. Le soleil est le maître absolu d'un ciel d'azur sans le moindre nuage. Les prévisions météorologiques restent d'ailleurs optimistes pour les jours à venir. En montagne, la végétation offre toutes les déclinaisons des bruns. Des plus claires aux plus sombres. L'herbe sèche. Le pré est un pâturage à la belle saison. La ferme voisine, à environ quinze minutes de marche, place là ses vaches. Nous gravissons le sentier jusqu'aux pieds des falaises abruptes. Il faut les longer durant une dizaine de minutes. Puis c'est un chemin entouré de clôtures. Forêt de sapins et de chênes. Là, plus bas, la ferme. C'est également une auberge proposant un dortoir de dix lits et deux chambres individuelles. Nous contournons les bâtiments pour prendre la direction des chaumes qui surplombent les villages de la vallée. Rendus invisibles par l'épaisse couche de nuages. Nous imaginons facilement qu'en bas, sous les six sent mètres, il doit y avoir du brouillard. Un ciel gris.
La boucle permet de croiser nombre de randonneurs. Certains équipés comme pour un trekking au Tibet. C'est amusant. Là, à découvert, sur les hauteurs, le vent est glacial. Nous contournons le sommet et son antenne relai. Arrêt à la ferme-Auberge pour déguster des chocolats chauds et de délicieuses tranches de tarte aux pommes "maison". Il est dix huit heures trente quand nous arrivons à notre chalet. Il fait nuit. Le ciel noir est parsemé de milliers d'étoiles. La lune est invisible. J'alimente immédiatement les deux poêles en faïence.. Deux bûches de hêtres sur les braises. Papa bourre la cuisinière à bois de la cuisine. Ce soir, bouchées à la reine. Ce sont mes mamies qui s'appliquent aux fourneaux. Je traîne sous la douche. L'eau chaude me détend. Même bien vêtue pour affronter les froids, je ressens toujours les basses températures. Nous mangeons de bon appétit. En soirée, après la vaisselle, gagnés par la fatigue, nous nous offrons une partie de tarot. Je suis au dodo pour vingt deux heures.
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Deux semaines en montagne - Épisode 4
Le réveillon de Noël
Mon jogging matinal dès huit heures. Toujours ce magnifique ciel bleu. Par contre la plaine est sous une véritable mer de nuages. C'est aussi surprenant qu'étrange. La douche au retour. J'accorde deux heures au travail universitaire. C'est un autre de mes plaisirs quotidiens. Onze heures trente, je descends rejoindre la famille. Mes papys terminent leurs parties d'échecs. Mes mamies reviennent de balade. Papa et maman sont à la cuisine. J'aide à la préparation du repas. Je suis de "salade". Une belle laitue bien grasse dont je lave les feuilles et dont je prépare l'assaisonnement. Huile d'olive, Kelpamare, échalote, ail et olive noires dénoyautées "à la grecque". Maman est absorbée dans sa viande hachée à laquelle elle rajoute farine et œufs. Papa prépare les pommes de terre prêtes à êtres farcies. La cuisinière à bois ronronne. La mise au four qui est une véritable étuve.
Nous mangeons de bon appétit en traînant longuement à table. Je me mets à débarrasser car il va être quatorze heures. La vaisselle. En essuyant les couverts, mes papys chantent les chansons paillardes de leurs jeunesses. L'intégral du "bréviaire du carabin", revisité. Nous rions aux éclats. Il faut s'équiper. Chacun porte un sac à dos vide. Il faut descendre jusqu'au col pour aller récupérer les cadeaux qui sont restés dans la voiture. Le col est à la limite des nuages. En résulte un brouillard résiduel. Nul doute que ce brouillard va monter inexorablement dans les prochains jours. Moins 6°. Une demi heure de marche pour descendre sur le sentier pierreux et sec. Nous prenons des chocolats chauds au restaurant du col. Une magnifique décoration offre une ambiance de fêtes absolument exceptionnelle. Nous sommes de retour pour seize heures trente. Avec l'arrivée du crépuscule, l'environnement prend un aspect magique. C'est féérique.
Les cadeaux sous le sapin. Un sapin que nous avons fait avec maman. Il est splendide, de toute beauté. Des boules sépias, des guirlandes carmins. La crèche sur laquelle j'ai posé des couches de coton. Je mange le petit Jésus qui est un chamallow à la vanille pour le remplacer par un autre au parfum caramel. Je me le dégusterai demain. Demain, 25 décembre, nous descendons en début d'après-midi pour une séance cinéma. "Le Sacré Cœur" que nous regarderons tous les sept. Nous remonterons par le chemin de la ferme auberge où nous avons réservé une table. Il y aura un orchestre folklorique. Les festivités s'annoncent sous les meilleures auspices. Je me suis désignée depuis lundi. Ce soir, c'est moi qui prépare le repas du Réveillon. De la dinde accompagnées de petits légumes. Haricots verts, petits pois. Interdiction d'entrer dans la cuisine.
Notre soirée de Noël restera encore un grand souvenir. Mon papy paternel a sorti la guitare de son étui pour nous chanter du Brassens, du Trenet. Il excelle dans la chanson s'adressant à l'intelligence. Nous reprenons les refrains en cœur. Je suis retournée en cuisine pour préparer les îles flottantes. Papa est venu me rejoindre. Je suis sa confidente. Il me témoigne de sa joie profonde. Entouré des gens qu'il aime. Il se met à battre les œufs en neige, rate le saladier et tout le contenu tombe dans l'évier. Nous rigolons tous deux comme des bossus. Alors que nous parviennent les paroles de "L'orage", cette merveilleuse chanson de Georges Brassens. Minuit. Enfin. L'ouverture des cadeaux. Je reçois le nouvel I-Phone. Je suis au lit, fourbue, épuisée pour une heure du matin.
Mon jogging matinal dès huit heures. Toujours ce magnifique ciel bleu. Par contre la plaine est sous une véritable mer de nuages. C'est aussi surprenant qu'étrange. La douche au retour. J'accorde deux heures au travail universitaire. C'est un autre de mes plaisirs quotidiens. Onze heures trente, je descends rejoindre la famille. Mes papys terminent leurs parties d'échecs. Mes mamies reviennent de balade. Papa et maman sont à la cuisine. J'aide à la préparation du repas. Je suis de "salade". Une belle laitue bien grasse dont je lave les feuilles et dont je prépare l'assaisonnement. Huile d'olive, Kelpamare, échalote, ail et olive noires dénoyautées "à la grecque". Maman est absorbée dans sa viande hachée à laquelle elle rajoute farine et œufs. Papa prépare les pommes de terre prêtes à êtres farcies. La cuisinière à bois ronronne. La mise au four qui est une véritable étuve.
Nous mangeons de bon appétit en traînant longuement à table. Je me mets à débarrasser car il va être quatorze heures. La vaisselle. En essuyant les couverts, mes papys chantent les chansons paillardes de leurs jeunesses. L'intégral du "bréviaire du carabin", revisité. Nous rions aux éclats. Il faut s'équiper. Chacun porte un sac à dos vide. Il faut descendre jusqu'au col pour aller récupérer les cadeaux qui sont restés dans la voiture. Le col est à la limite des nuages. En résulte un brouillard résiduel. Nul doute que ce brouillard va monter inexorablement dans les prochains jours. Moins 6°. Une demi heure de marche pour descendre sur le sentier pierreux et sec. Nous prenons des chocolats chauds au restaurant du col. Une magnifique décoration offre une ambiance de fêtes absolument exceptionnelle. Nous sommes de retour pour seize heures trente. Avec l'arrivée du crépuscule, l'environnement prend un aspect magique. C'est féérique.
Les cadeaux sous le sapin. Un sapin que nous avons fait avec maman. Il est splendide, de toute beauté. Des boules sépias, des guirlandes carmins. La crèche sur laquelle j'ai posé des couches de coton. Je mange le petit Jésus qui est un chamallow à la vanille pour le remplacer par un autre au parfum caramel. Je me le dégusterai demain. Demain, 25 décembre, nous descendons en début d'après-midi pour une séance cinéma. "Le Sacré Cœur" que nous regarderons tous les sept. Nous remonterons par le chemin de la ferme auberge où nous avons réservé une table. Il y aura un orchestre folklorique. Les festivités s'annoncent sous les meilleures auspices. Je me suis désignée depuis lundi. Ce soir, c'est moi qui prépare le repas du Réveillon. De la dinde accompagnées de petits légumes. Haricots verts, petits pois. Interdiction d'entrer dans la cuisine.
Notre soirée de Noël restera encore un grand souvenir. Mon papy paternel a sorti la guitare de son étui pour nous chanter du Brassens, du Trenet. Il excelle dans la chanson s'adressant à l'intelligence. Nous reprenons les refrains en cœur. Je suis retournée en cuisine pour préparer les îles flottantes. Papa est venu me rejoindre. Je suis sa confidente. Il me témoigne de sa joie profonde. Entouré des gens qu'il aime. Il se met à battre les œufs en neige, rate le saladier et tout le contenu tombe dans l'évier. Nous rigolons tous deux comme des bossus. Alors que nous parviennent les paroles de "L'orage", cette merveilleuse chanson de Georges Brassens. Minuit. Enfin. L'ouverture des cadeaux. Je reçois le nouvel I-Phone. Je suis au lit, fourbue, épuisée pour une heure du matin.
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Deux semaines en montagne - Épisode 5
Une autre journée en montagne
Il est neuf heures quand je reviens de mon jogging. Une heure d'un indicible plaisir en altitude. Même si le froid est glacial, chaudement équipée, je savoure ces moments exceptionnels. Je partage mes aventures montagnardes pour offrir à toutes celles et à tous ceux qui ne partent pas en vacances d'hiver un peu de cet "ailleurs" qui fait un bien fou. Comme chaque matin, mes papys disputent des parties d'échecs. Papa coupe du bois à la cave. Après la douche, je vais le rejoindre. Maman et mes mamies sont descendues au col pour récupérer des choses restées dans la voiture. Il fait froid dans la cave du chalet. J'en profite pour faire mon petit tour d'inspection des lieux. Le local bois. Le local skis, luges et raquettes de marche. Le local "atelier" où se trouvent les outils, les réserves de bidons d'essence pour alimenter les deux groupes électrogènes. Un établi sur lequel bricole mon père. C'est là qu'il s'entraîne tous les matins avec des charges. Ses séries d'abdominaux.
Je me mets aux fourneaux vers onze heures trente. Je découpe les restes de la dinde pour les faire rissoler à la poêle. Je prépare la pâte pour l'accompagnement. Sur mon nouvel I-phone, posé sur la desserte, je suis scrupuleusement la recette gnocchi du site "Marmiton". J'aime y rajouter mes initiatives. Dans un grand saladier, farine, œufs. Je presse des gousses d'ails et de l'échalote. Je rajoute du parmesan finement râpé. Sel, poivre noir, paprika, curcuma, gingembre. De l'eau. Je mélange pour rendre la pâte bien homogène. Je récupère de cette substance aussi appétissante qu'onctueuse avec une petite cuillère. Je la vide dans l'eau bouillante. Ça coule au fond pour remonter très vite pour flotter cinq minutes. Je fais très vite d'un mouvement mécanique. J'attrape les gnocchis avec un écumoire pour les mettre dans un grand plat. Je touille également la viande dans la poêle. Papa vient me rejoindre. Il empile des bûches à côté de la cuisinière. Elle chauffe en ronronnant.
Papa râpe les carottes, fait l'assaisonnement de la salade. Nous échangeons nos impressions du moment. C'est tellement agréable d'êtres là, dans notre nid d'aigle, loin de tout. Je regarde le thermomètre extérieur accroché au montant d'une des deux fenêtres de la cuisine. Il indique moins neuf degrés. Voilà maman et mes mamies. Elles viennent se réchauffer et surtout découvrir ce que je concocte. Elles mettent les assiettes, les couverts. J'ai droit à des bisous, à des félicitations et à des remerciements. Nous mangeons de bon appétit. Qu'il est sympathique de traîner à table. La mer de nuages qui recouvre la plaine est montée d'au moins une centaine de mètres. Aurons-nous de la neige avant la fin du séjour ? Nous le souhaitons car nous apprécions le ski de randonnée et surtout les expéditions avec des raquettes. Cet après-midi, balade. Nous contournons le massif rocheux pour arriver à la ferme pour dix neuf heures. La nuit est tombée. Les nuits fabuleuses de la montagne sous des cieux étoilés. Moins dix sept degrés quand même !
La salle du restaurant de la ferme auberge est bondée. Notre table est à proximité de la grande cheminée. En entrée, soupe aux légumes. Succulente. Une soupe qui réchauffent nos estomacs affamés. Puis ce sont des pommes de terre gratinées dans un grand plat oval. Le service est assuré par une belle serveuse très élégante. Ce qui est insolite mais tellement agréable. Sur de petites planches individuelles, des tranches de lard et de fromage d'altitude. Tous les produits sont "maison". Il y a un groupe folklorique qui a le bon goût de moderniser les interprétations traditionnelles. Guitares électriques, batterie et une chanteuse talentueuse. Ce qui n'empêche nullement les conversations, les rires et les échanges entre les tables. Il y a un beau garçon là-bas. Nos regards se croisent fréquemment. Je réponds à ses sourires. J'aimerais beaucoup faire sa connaissance. Il est grand, blond, les épaules carrées, les yeux bleus, tout ce que j'aime. Avec les coupes glacées la fatigue se fait sentir. Il y aura un quart d'heure de marche dans le froid glacial pour revenir au chalet. Je suis au lit pour vingt trois heures. Je tombe dans un profond sommeil comme jadis le Titanic au fond de l'océan.
Il est neuf heures quand je reviens de mon jogging. Une heure d'un indicible plaisir en altitude. Même si le froid est glacial, chaudement équipée, je savoure ces moments exceptionnels. Je partage mes aventures montagnardes pour offrir à toutes celles et à tous ceux qui ne partent pas en vacances d'hiver un peu de cet "ailleurs" qui fait un bien fou. Comme chaque matin, mes papys disputent des parties d'échecs. Papa coupe du bois à la cave. Après la douche, je vais le rejoindre. Maman et mes mamies sont descendues au col pour récupérer des choses restées dans la voiture. Il fait froid dans la cave du chalet. J'en profite pour faire mon petit tour d'inspection des lieux. Le local bois. Le local skis, luges et raquettes de marche. Le local "atelier" où se trouvent les outils, les réserves de bidons d'essence pour alimenter les deux groupes électrogènes. Un établi sur lequel bricole mon père. C'est là qu'il s'entraîne tous les matins avec des charges. Ses séries d'abdominaux.
Je me mets aux fourneaux vers onze heures trente. Je découpe les restes de la dinde pour les faire rissoler à la poêle. Je prépare la pâte pour l'accompagnement. Sur mon nouvel I-phone, posé sur la desserte, je suis scrupuleusement la recette gnocchi du site "Marmiton". J'aime y rajouter mes initiatives. Dans un grand saladier, farine, œufs. Je presse des gousses d'ails et de l'échalote. Je rajoute du parmesan finement râpé. Sel, poivre noir, paprika, curcuma, gingembre. De l'eau. Je mélange pour rendre la pâte bien homogène. Je récupère de cette substance aussi appétissante qu'onctueuse avec une petite cuillère. Je la vide dans l'eau bouillante. Ça coule au fond pour remonter très vite pour flotter cinq minutes. Je fais très vite d'un mouvement mécanique. J'attrape les gnocchis avec un écumoire pour les mettre dans un grand plat. Je touille également la viande dans la poêle. Papa vient me rejoindre. Il empile des bûches à côté de la cuisinière. Elle chauffe en ronronnant.
Papa râpe les carottes, fait l'assaisonnement de la salade. Nous échangeons nos impressions du moment. C'est tellement agréable d'êtres là, dans notre nid d'aigle, loin de tout. Je regarde le thermomètre extérieur accroché au montant d'une des deux fenêtres de la cuisine. Il indique moins neuf degrés. Voilà maman et mes mamies. Elles viennent se réchauffer et surtout découvrir ce que je concocte. Elles mettent les assiettes, les couverts. J'ai droit à des bisous, à des félicitations et à des remerciements. Nous mangeons de bon appétit. Qu'il est sympathique de traîner à table. La mer de nuages qui recouvre la plaine est montée d'au moins une centaine de mètres. Aurons-nous de la neige avant la fin du séjour ? Nous le souhaitons car nous apprécions le ski de randonnée et surtout les expéditions avec des raquettes. Cet après-midi, balade. Nous contournons le massif rocheux pour arriver à la ferme pour dix neuf heures. La nuit est tombée. Les nuits fabuleuses de la montagne sous des cieux étoilés. Moins dix sept degrés quand même !
La salle du restaurant de la ferme auberge est bondée. Notre table est à proximité de la grande cheminée. En entrée, soupe aux légumes. Succulente. Une soupe qui réchauffent nos estomacs affamés. Puis ce sont des pommes de terre gratinées dans un grand plat oval. Le service est assuré par une belle serveuse très élégante. Ce qui est insolite mais tellement agréable. Sur de petites planches individuelles, des tranches de lard et de fromage d'altitude. Tous les produits sont "maison". Il y a un groupe folklorique qui a le bon goût de moderniser les interprétations traditionnelles. Guitares électriques, batterie et une chanteuse talentueuse. Ce qui n'empêche nullement les conversations, les rires et les échanges entre les tables. Il y a un beau garçon là-bas. Nos regards se croisent fréquemment. Je réponds à ses sourires. J'aimerais beaucoup faire sa connaissance. Il est grand, blond, les épaules carrées, les yeux bleus, tout ce que j'aime. Avec les coupes glacées la fatigue se fait sentir. Il y aura un quart d'heure de marche dans le froid glacial pour revenir au chalet. Je suis au lit pour vingt trois heures. Je tombe dans un profond sommeil comme jadis le Titanic au fond de l'océan.
J'aime être vue au point d'en oublier de voir
Deux semaines en montagne - Épisode 6
La météo change rapidement en montagne
Hier matin, samedi, comme le jour précédent, j'ai pratiqué mon jogging avec mes parents. Une heure de pur plaisir comme j'aime souvent à le préciser. Le froid est vif à huit heures du matin. C'est toujours le même parcourt. Nous prenons sur la gauche arrivés en haut du pré. Nous longeons la paroi rocheuse. D'assister au levé du soleil en montagne est un spectacle magnifique. Le ciel est d'un bleu pâle immaculé. Il a fait beau tous les jours depuis notre arrivée dimanche dernier. La plaine est toujours sous une mer de nuages. Ce qui est du plus bel effet depuis les altitudes. Par contre, la brume monte. Elle n'est plus qu'à une cinquantaine de mètres. Nul doute qu'elle atteindra les pieds du chalet dimanche. Ce qui est le cas ce matin, à l'heure où j'écris ces lignes. La douche au retour. Mes papys, abstraits dans leurs parties d'échecs quotidiennes. Mes mamies s'en sont allées en balade. J'aime alimenter les deux poêles en faïence avec des bûches de hêtre. Lundi, il faudra à nouveau en couper à la cave.
Un peu de ménage avec maman. Ce n'est pas un luxe. Je passe la serpillère à la cuisine et dans la salle à manger. Maman fait les étagères. Papa est à la cave à soulever ses poids. Son entraînement quotidien comme tous culturistes soucieux de ses formes. Il est onze heures quand les mamies reviennent. Les joues roses de froid. Elles retirent leurs bonnets pour les accrocher. Je monte dans ma chambre. La température y est vraiment limite car il n'y a pas de chauffage aux étages. Je découvre mes courriels. Ma meilleure amie de l'université et également partenaire de thèse. Bien évidemment le mail de Jonathan avec qui nous échangeons presque tous les jours. Il est lui aussi parti avec ses parents. Dans les îles où il fait chaud à longueur d'année. Je découvre en Pdf les photos qu'il joint à son message. Nous nous reverrons à l'université lundi 5 janvier. Nous reprendrons nos petites séances de complicité le dimanche suivant, en soirée, comme d'habitude.
On m'appelle. Le repas, préparé par mes mamies est prêt. Morte de faim, je me précipite dans l'escalier. Il y fait bien chaud. Le contraste est saisissant. Ce sont des tomates farcies à la viande de bœuf. Même si le réfrigérateur fonctionne à la perfection, tout ce conserve parfaitement dans le cellier. La température y est proche de celle de l'extérieur. Nous mangeons de bon appétit en faisant le programme de l'après-midi. Une belle randonnée nous attend. Nous irons jusqu'au sommet d'un des pics accessibles. Avec une température de moins douze degrés, il faudra s'équiper. La meilleure formule reste de porter des sous-vêtements chauds. C'est rudement efficace. Départ dès la vaisselle terminée. Avec les chansons gaillardes de mes papys, ce sont des fous rires. C'est certain, la météo annonce des changements. La mer de nuages est encore montée. La randonnée est un grand moment de bonheur. Papa réalise de superbes photos avec son Nikon Z9. Il y a fixé l'objectif Nikkor Z particulièrement conçu pour les clichés de grands espaces. Maman fait comme moi, elle fait des photos avec son téléphone.
C'était prévisible. Nous revenons pour dix huit heures trente. La brume est aux pieds du chalet. Les nuits étoilées de la montagne sont indescriptibles. Mon papy paternel est passionné d'observations de constellations. Il déplore de n'avoir pas son télescope. C'est à moi de préparer le repas du soir. Aucun d'entre nous n'est amateur de fondues aux fromages. Mais une petite exception ne peut pas gâcher nos appétits d'ogres. C'est avec un délicieux Comté que je concocte notre plat. Le caquelon, les longues fourchettes, les morceaux de pain que je fais légèrement griller sur les plaques de la cuisinière à bois. Nous ne consommons pas d'alcool dans la famille. Je remplace donc le vin blanc de la recette "Marmiton" par une infusion de poivre noir. Il en faut peu. Juste un verre. Bien évidemment, mes joues sont brûlantes des bisous que me distribuent allégrement les convives. C'est un régal. Je n'ai aucun mérite car je consulte scrupuleusement chaque étape des recettes. Mon I-phone posé sur la desserte à côté du plan de travail. Je suis couchée pour vingt deux heures, épuisée. Envahie de bonheur.
Hier matin, samedi, comme le jour précédent, j'ai pratiqué mon jogging avec mes parents. Une heure de pur plaisir comme j'aime souvent à le préciser. Le froid est vif à huit heures du matin. C'est toujours le même parcourt. Nous prenons sur la gauche arrivés en haut du pré. Nous longeons la paroi rocheuse. D'assister au levé du soleil en montagne est un spectacle magnifique. Le ciel est d'un bleu pâle immaculé. Il a fait beau tous les jours depuis notre arrivée dimanche dernier. La plaine est toujours sous une mer de nuages. Ce qui est du plus bel effet depuis les altitudes. Par contre, la brume monte. Elle n'est plus qu'à une cinquantaine de mètres. Nul doute qu'elle atteindra les pieds du chalet dimanche. Ce qui est le cas ce matin, à l'heure où j'écris ces lignes. La douche au retour. Mes papys, abstraits dans leurs parties d'échecs quotidiennes. Mes mamies s'en sont allées en balade. J'aime alimenter les deux poêles en faïence avec des bûches de hêtre. Lundi, il faudra à nouveau en couper à la cave.
Un peu de ménage avec maman. Ce n'est pas un luxe. Je passe la serpillère à la cuisine et dans la salle à manger. Maman fait les étagères. Papa est à la cave à soulever ses poids. Son entraînement quotidien comme tous culturistes soucieux de ses formes. Il est onze heures quand les mamies reviennent. Les joues roses de froid. Elles retirent leurs bonnets pour les accrocher. Je monte dans ma chambre. La température y est vraiment limite car il n'y a pas de chauffage aux étages. Je découvre mes courriels. Ma meilleure amie de l'université et également partenaire de thèse. Bien évidemment le mail de Jonathan avec qui nous échangeons presque tous les jours. Il est lui aussi parti avec ses parents. Dans les îles où il fait chaud à longueur d'année. Je découvre en Pdf les photos qu'il joint à son message. Nous nous reverrons à l'université lundi 5 janvier. Nous reprendrons nos petites séances de complicité le dimanche suivant, en soirée, comme d'habitude.
On m'appelle. Le repas, préparé par mes mamies est prêt. Morte de faim, je me précipite dans l'escalier. Il y fait bien chaud. Le contraste est saisissant. Ce sont des tomates farcies à la viande de bœuf. Même si le réfrigérateur fonctionne à la perfection, tout ce conserve parfaitement dans le cellier. La température y est proche de celle de l'extérieur. Nous mangeons de bon appétit en faisant le programme de l'après-midi. Une belle randonnée nous attend. Nous irons jusqu'au sommet d'un des pics accessibles. Avec une température de moins douze degrés, il faudra s'équiper. La meilleure formule reste de porter des sous-vêtements chauds. C'est rudement efficace. Départ dès la vaisselle terminée. Avec les chansons gaillardes de mes papys, ce sont des fous rires. C'est certain, la météo annonce des changements. La mer de nuages est encore montée. La randonnée est un grand moment de bonheur. Papa réalise de superbes photos avec son Nikon Z9. Il y a fixé l'objectif Nikkor Z particulièrement conçu pour les clichés de grands espaces. Maman fait comme moi, elle fait des photos avec son téléphone.
C'était prévisible. Nous revenons pour dix huit heures trente. La brume est aux pieds du chalet. Les nuits étoilées de la montagne sont indescriptibles. Mon papy paternel est passionné d'observations de constellations. Il déplore de n'avoir pas son télescope. C'est à moi de préparer le repas du soir. Aucun d'entre nous n'est amateur de fondues aux fromages. Mais une petite exception ne peut pas gâcher nos appétits d'ogres. C'est avec un délicieux Comté que je concocte notre plat. Le caquelon, les longues fourchettes, les morceaux de pain que je fais légèrement griller sur les plaques de la cuisinière à bois. Nous ne consommons pas d'alcool dans la famille. Je remplace donc le vin blanc de la recette "Marmiton" par une infusion de poivre noir. Il en faut peu. Juste un verre. Bien évidemment, mes joues sont brûlantes des bisous que me distribuent allégrement les convives. C'est un régal. Je n'ai aucun mérite car je consulte scrupuleusement chaque étape des recettes. Mon I-phone posé sur la desserte à côté du plan de travail. Je suis couchée pour vingt deux heures, épuisée. Envahie de bonheur.
J'aime être vue au point d'en oublier de voir
Deux semaines en montagne - Épisode 7
Dans le brouillard et sous les premiers flocons
Le dimanche, pas de jogging. Je me lève vers sept heures trente. Un rapide tour aux toilettes de l'étage. J'entends rire depuis la chambre d'une de mes mamies. Quelle surprise en regardant par la fenêtre. Ça y est, c'est à notre tour d'être dans la brume, sous les nuages qui sont montés durant la nuit. Il y a des flocons qui tombent. Avec moins douze degrés, la fine neige gelée s'accroche à tout. Vais-je enfin pouvoir me faire une promenade à ski ? J'entends les rires de maman dans l'escalier. J'enlève mon pyjama pour revêtir un survêtement de sport. Morte de faim, je descends pour rejoindre la famille. Le cliquetis des couverts et des ustensiles. C'est papa qui prépare le café. Maman fait griller les tranches de pain. Il faudra descendre demain, lundi, pour assurer la logistique. Pain, fruits, légumes et autres crudités. Je vais prendre ma douche. Je viens m'assoir. La conversation est sérieuse. Il est question de cette police qui est devenue la milice privée d'un gouvernement en fin de course, un pouvoir agonisant. La milice privée d'une mafia dont le chef veut absolument détruire le cheptel bovin français pour importer 100 000 tonnes de viande du Brésil. Les bénéfices seront évidemment partagés entre son ami organisant l'import et lui.
Jamais dans l'Histoire de la France, ce pays a été entre les mains de telles crapules. Des criminels capables de faire donner la charge contre des agriculteurs voulant continuer à fournir de la viande de qualité. Mes papys sont assez remontés contre ces voyous drogués, pédophiles qui dirigent le pays comme un cartel Bolivien. Mes mamies surenchérissent en évoquant Jean-Brigitte et les 300 000 milles euros qui lui sont alloués chaque années. Au nom de quoi ? Au nom de qui, alors qu'elle détourne deux millions d'euros de pièces jaunes pour financer l'association d'une de ses bonnes amies. Papa conclu : << Un pays de lâches, de pleutres et de grandes gueules, n'a que les salopards qu'il mérite ! >>. Je n'en pense pas moins. À l'université ce sont devenus des sujets de conversations fréquents. En tant que jeunes adultes, appelés aux responsabilités dès que que nous seront diplômés, l'avenir est inquiétant. Personnellement, dès mon Doctorat en poche, direction l'Amérique. Un poste dans la recherche dans une grande université Californienne est mon seul objectif.
Après la vaisselle, je monte m'habiller. Sous-vêtements chauds. Bonnet, gants, je chausse mes grosses chaussures. Maman me demande de l'attendre. Elle désire venir se promener avec moi. Le froid paraît encore plus glacial dans la brume. Il y a une fine couche de neige tellement gelée qu'elle craque sous nos pieds. Nous montons jusqu'aux falaises. Nous bavardons. Le vent nous oblige à avancer courbées en avant. Cet après-midi, je vais tenter la luge dans la pente, derrière le chalet. Où alors de la toile cirée. Ces vieilles nappes pliées dans une des armoires de la cave. Ça glisse super bien sur la neige. Nous revenons pour onze heures. Nous rejoignons papa à la cave. Il nous charge en bûches que nous remontons. Il fait agréablement chaud dans la maison. Les deux poêles en faïence ronronnent. Nous empilons les bûches à leurs côtés. Les papys sont occupés à leurs parties d'échecs. Les mamies sont aux fourneaux. Mon Dieu, cette odeur ouvre nos appétits féroces. La couche de neige s'est encore épaissie. Je vais peut-être même pouvoir tenter une balade à ski. Nous dévorons ces pommes de terre farcies accompagnées de tomates aux avocats. Nous rions en nous interdisant de revenir sur la conversation du matin. << Sinon je prends le fusil ! >> lance mon papy paternel. << On sera sans doute des dizaines de milliers à le prendre ! >> rajoute mon papy maternel.
Nous traînons à table. Il faut garder les plafonniers allumés car la brume apporte une pénombre. L'intérieur du chalet présente une ambiance magique. Après la vaisselle, je m'équipe. Papa veut lui aussi tester les skis. La couche de neige atteint bien quinze centimètres. Et elle n'arrête pas de tomber. Nous voilà à monter le pré en zigzag. Nous portons nos larges lunettes aux verres fumés. L'avancée est plutôt simple. Nous passons devant la ferme. Nous y avons réservé une table pour le réveillon de la nuit du 31 décembre. Nous croisons nombres de randonneurs. Chaussés de raquettes, à ski ou simplement en grosses chaussures. Quelle surprise. Mes papys, mes mamies et maman qui viennent vers nous. Ils ont contourné la falaise par l'autre côté. Ni une, ni deux, nous prenons des chocolats chauds à la ferme. L'ambiance des fermes d'altitudes. La grande cheminée où crépitent de hautes flammes. Ce sont les fausses lampes à pétrole qui participent de cette atmosphère magique. Nous nous séparons pour nous retrouver au chalet pour dix huit heures. Même nos lampes frontales ont du mal à percer l'obscurité. Il neige. Il y a bien vingt cinq centimètres. Ce soir, fondue Bourguignonne pour terminer la viande. Mon papy guitariste agrémente la soirée avec des chansons de Bob Dylan, de Georges Brassens. Je bâille à m'en décrocher la mâchoire. Il est vingt deux heures.
Le dimanche, pas de jogging. Je me lève vers sept heures trente. Un rapide tour aux toilettes de l'étage. J'entends rire depuis la chambre d'une de mes mamies. Quelle surprise en regardant par la fenêtre. Ça y est, c'est à notre tour d'être dans la brume, sous les nuages qui sont montés durant la nuit. Il y a des flocons qui tombent. Avec moins douze degrés, la fine neige gelée s'accroche à tout. Vais-je enfin pouvoir me faire une promenade à ski ? J'entends les rires de maman dans l'escalier. J'enlève mon pyjama pour revêtir un survêtement de sport. Morte de faim, je descends pour rejoindre la famille. Le cliquetis des couverts et des ustensiles. C'est papa qui prépare le café. Maman fait griller les tranches de pain. Il faudra descendre demain, lundi, pour assurer la logistique. Pain, fruits, légumes et autres crudités. Je vais prendre ma douche. Je viens m'assoir. La conversation est sérieuse. Il est question de cette police qui est devenue la milice privée d'un gouvernement en fin de course, un pouvoir agonisant. La milice privée d'une mafia dont le chef veut absolument détruire le cheptel bovin français pour importer 100 000 tonnes de viande du Brésil. Les bénéfices seront évidemment partagés entre son ami organisant l'import et lui.
Jamais dans l'Histoire de la France, ce pays a été entre les mains de telles crapules. Des criminels capables de faire donner la charge contre des agriculteurs voulant continuer à fournir de la viande de qualité. Mes papys sont assez remontés contre ces voyous drogués, pédophiles qui dirigent le pays comme un cartel Bolivien. Mes mamies surenchérissent en évoquant Jean-Brigitte et les 300 000 milles euros qui lui sont alloués chaque années. Au nom de quoi ? Au nom de qui, alors qu'elle détourne deux millions d'euros de pièces jaunes pour financer l'association d'une de ses bonnes amies. Papa conclu : << Un pays de lâches, de pleutres et de grandes gueules, n'a que les salopards qu'il mérite ! >>. Je n'en pense pas moins. À l'université ce sont devenus des sujets de conversations fréquents. En tant que jeunes adultes, appelés aux responsabilités dès que que nous seront diplômés, l'avenir est inquiétant. Personnellement, dès mon Doctorat en poche, direction l'Amérique. Un poste dans la recherche dans une grande université Californienne est mon seul objectif.
Après la vaisselle, je monte m'habiller. Sous-vêtements chauds. Bonnet, gants, je chausse mes grosses chaussures. Maman me demande de l'attendre. Elle désire venir se promener avec moi. Le froid paraît encore plus glacial dans la brume. Il y a une fine couche de neige tellement gelée qu'elle craque sous nos pieds. Nous montons jusqu'aux falaises. Nous bavardons. Le vent nous oblige à avancer courbées en avant. Cet après-midi, je vais tenter la luge dans la pente, derrière le chalet. Où alors de la toile cirée. Ces vieilles nappes pliées dans une des armoires de la cave. Ça glisse super bien sur la neige. Nous revenons pour onze heures. Nous rejoignons papa à la cave. Il nous charge en bûches que nous remontons. Il fait agréablement chaud dans la maison. Les deux poêles en faïence ronronnent. Nous empilons les bûches à leurs côtés. Les papys sont occupés à leurs parties d'échecs. Les mamies sont aux fourneaux. Mon Dieu, cette odeur ouvre nos appétits féroces. La couche de neige s'est encore épaissie. Je vais peut-être même pouvoir tenter une balade à ski. Nous dévorons ces pommes de terre farcies accompagnées de tomates aux avocats. Nous rions en nous interdisant de revenir sur la conversation du matin. << Sinon je prends le fusil ! >> lance mon papy paternel. << On sera sans doute des dizaines de milliers à le prendre ! >> rajoute mon papy maternel.
Nous traînons à table. Il faut garder les plafonniers allumés car la brume apporte une pénombre. L'intérieur du chalet présente une ambiance magique. Après la vaisselle, je m'équipe. Papa veut lui aussi tester les skis. La couche de neige atteint bien quinze centimètres. Et elle n'arrête pas de tomber. Nous voilà à monter le pré en zigzag. Nous portons nos larges lunettes aux verres fumés. L'avancée est plutôt simple. Nous passons devant la ferme. Nous y avons réservé une table pour le réveillon de la nuit du 31 décembre. Nous croisons nombres de randonneurs. Chaussés de raquettes, à ski ou simplement en grosses chaussures. Quelle surprise. Mes papys, mes mamies et maman qui viennent vers nous. Ils ont contourné la falaise par l'autre côté. Ni une, ni deux, nous prenons des chocolats chauds à la ferme. L'ambiance des fermes d'altitudes. La grande cheminée où crépitent de hautes flammes. Ce sont les fausses lampes à pétrole qui participent de cette atmosphère magique. Nous nous séparons pour nous retrouver au chalet pour dix huit heures. Même nos lampes frontales ont du mal à percer l'obscurité. Il neige. Il y a bien vingt cinq centimètres. Ce soir, fondue Bourguignonne pour terminer la viande. Mon papy guitariste agrémente la soirée avec des chansons de Bob Dylan, de Georges Brassens. Je bâille à m'en décrocher la mâchoire. Il est vingt deux heures.
J'aime être vue au point d'en oublier de voir
Deux semaines en montagne - Épisode 8
Assurer la logistique
Pas de jogging ce lundi matin. Avec plus de trente centimètres de neige. Mille cent cinquante mètres d'altitude. Pour une fin décembre, tout cela reste parfaitement normal. Après le petit déjeuner, je descends m'entraîner avec papa et maman. Même si la cave est froide, le local ski se prête particulièrement bien aux entraînements aérobics. Concours d'exercices abdominaux. Six séries de soixante pour moi. Je pratique tous les jours, je n'ai donc aucun mérite. Trois séries de vingt pompes. Comme tous les jours. Les poutres apparentes permettent de s'y suspendre pour des tractions. J'excelle dans ces disciplines. Comme je suis karatéka ceinture noire, je procède aux exercices propres à cette discipline. Ce qui impressionne toujours maman. Papa soulève ses charges avec cette régularité qui suscite mon admiration. À plus de 55 ans il conserve et entretient un corps d'athlète. Ce qui est propre aux culturistes. Un entraînement qui réchauffe et nous fait oublier le froid qui règne aux sous-sols du chalet. Il est dix heures. La douche. Un autre plaisir.
Mes papys, plongés dans leurs parties d'échecs, bavardent. Les mamies sont allées en balade. La brume n'est pas trop épaisse. Il suffit de suivre les pas du sentier. Ces conditions climatiques attirent tous les amateurs de sorties montagnes. Je m'apprête à préparer le nécessaire pour le repas de midi. Avec maman, nous sommes à la cuisine lorsque des voix inconnues se font entendre. Ce sont deux couples de skieurs en randonnées. Ils viennent se renseigner quand aux différents itinéraires pour arriver à l'autre ferme située de l'autre côté de la montagne. Papa propose à ces gens de s'installer et de déguster une bonne boisson chaude. Les visiteurs déclinent gentiment l'offre, prétextant que ça les couperait dans leurs élans. Ils ne s'attardent pas. Il recommence à neiger. Mes mamies reviennent de balade. Elles nous entraînent sur le balcon. Nous admirons le bonhomme de neige qu'elles ont confectionné. Nous enfilons nos anoraks, nos grosses chaussures. Bonnets, gants et écharpes. Moins douze degrés tout de même.
Papa règle son superbe appareil Nikon sur mode retardateur. Nous posons tous les sept à côté du bonhomme de neige. Avec la qualité de la neige, il suffit de le toucher pour qu'il s'effrite. Nous courons pour rentrer au chaud. Maman et moi aux fourneaux. Roulés d'escalopes de dinde farcies du mélange Comté, farine, œufs. Accompagnés de spaghettis passés au four après avoir été égouttés. Gratinés à l'Apenzeller, ce délicieux gruyère Suisse. Nous dégustons ce repas simple mais succulent. Il fait nuit dès dix sept heures. Il ne faut donc pas s'attarder. Dès la vaisselle faite, en chansons paillardes, nous nous équipons pour la descente. Nos sacs à dos vides pour allers faire les achats nécessaires jusqu'à dimanche prochain. Juste maman, papa, papy paternel et moi. À trois cent mètres plus bas, la couche de neige est moindre. Mon papy paternel équipe toujours sa grosse Mercedes de "pneus neige". Pas d'inquiétude. Par contre le brouillard est dense. Cinq kilomètres d'une route sinueuse et en lacets. Il faut se garer sur le côté pour laisser monter les voitures que nous croisons.
Il y a une supérette au bourg où nous arrivons pour 14 h30. Pas de neige. Par contre il pleut légèrement. Ambiance désagréable. Au bourg, boulangerie et pharmacie. Il y a là tout ce qu'il nous faut. Nous dévalisons le rayon des légumes et des fruits du Lidl. Le rayon boucherie. Le rayon des produits laitiers. Deux grosses miches de pain complet et bio. Pas de soucis pour le pain. Papa est un excellent boulanger et il adore faire du pain. À cet usage, nous prenons quatre paquets de farine complète et bio. Des noix, des amandes dont nous raffolons dans les salades et les brioches que confectionne papa. Nous ne nous attardons pas. Les sacs à dos sont lourds pour la remontée. Il neige. Nous sommes de retour au chalet pour seize heures trente. Il y a un couple de randonneurs assis à la grande table. Ils vont aller à la ferme auberge. Nous les reverrons probablement au réveillon. Nous déballons les affaires. Les mamies rangent en faisant l'inventaire des achats. Il y a de quoi tenir jusqu'à notre départ, dimanche 4 janvier au matin. Nous aurons notre avion pour quinze heures.
Repas du soir. Des frites avec du poisson panné. J'adore préparer la panure. C'est du dos de cabillaud blanc. Miam. Comme chaque soir, après la vaisselle, ce sont les veillées bercées par les chansons de papy guitariste. Je vais me déboîter la mâchoire à bailler ainsi. Je laisse la famille pour vingt deux heures. Au lit, mon ordinateur sur le ventre, je tente de regarder un film. J'adore l'acteur Dolph Lundgren. J'ai l'impression de voir Jonathan. L'acteur lui ressemblait tant lorsqu'il était jeune. Mon type d'homme. J'arrive à tenir dix minutes. J'éteins pour m'endormir paisiblement.
Pas de jogging ce lundi matin. Avec plus de trente centimètres de neige. Mille cent cinquante mètres d'altitude. Pour une fin décembre, tout cela reste parfaitement normal. Après le petit déjeuner, je descends m'entraîner avec papa et maman. Même si la cave est froide, le local ski se prête particulièrement bien aux entraînements aérobics. Concours d'exercices abdominaux. Six séries de soixante pour moi. Je pratique tous les jours, je n'ai donc aucun mérite. Trois séries de vingt pompes. Comme tous les jours. Les poutres apparentes permettent de s'y suspendre pour des tractions. J'excelle dans ces disciplines. Comme je suis karatéka ceinture noire, je procède aux exercices propres à cette discipline. Ce qui impressionne toujours maman. Papa soulève ses charges avec cette régularité qui suscite mon admiration. À plus de 55 ans il conserve et entretient un corps d'athlète. Ce qui est propre aux culturistes. Un entraînement qui réchauffe et nous fait oublier le froid qui règne aux sous-sols du chalet. Il est dix heures. La douche. Un autre plaisir.
Mes papys, plongés dans leurs parties d'échecs, bavardent. Les mamies sont allées en balade. La brume n'est pas trop épaisse. Il suffit de suivre les pas du sentier. Ces conditions climatiques attirent tous les amateurs de sorties montagnes. Je m'apprête à préparer le nécessaire pour le repas de midi. Avec maman, nous sommes à la cuisine lorsque des voix inconnues se font entendre. Ce sont deux couples de skieurs en randonnées. Ils viennent se renseigner quand aux différents itinéraires pour arriver à l'autre ferme située de l'autre côté de la montagne. Papa propose à ces gens de s'installer et de déguster une bonne boisson chaude. Les visiteurs déclinent gentiment l'offre, prétextant que ça les couperait dans leurs élans. Ils ne s'attardent pas. Il recommence à neiger. Mes mamies reviennent de balade. Elles nous entraînent sur le balcon. Nous admirons le bonhomme de neige qu'elles ont confectionné. Nous enfilons nos anoraks, nos grosses chaussures. Bonnets, gants et écharpes. Moins douze degrés tout de même.
Papa règle son superbe appareil Nikon sur mode retardateur. Nous posons tous les sept à côté du bonhomme de neige. Avec la qualité de la neige, il suffit de le toucher pour qu'il s'effrite. Nous courons pour rentrer au chaud. Maman et moi aux fourneaux. Roulés d'escalopes de dinde farcies du mélange Comté, farine, œufs. Accompagnés de spaghettis passés au four après avoir été égouttés. Gratinés à l'Apenzeller, ce délicieux gruyère Suisse. Nous dégustons ce repas simple mais succulent. Il fait nuit dès dix sept heures. Il ne faut donc pas s'attarder. Dès la vaisselle faite, en chansons paillardes, nous nous équipons pour la descente. Nos sacs à dos vides pour allers faire les achats nécessaires jusqu'à dimanche prochain. Juste maman, papa, papy paternel et moi. À trois cent mètres plus bas, la couche de neige est moindre. Mon papy paternel équipe toujours sa grosse Mercedes de "pneus neige". Pas d'inquiétude. Par contre le brouillard est dense. Cinq kilomètres d'une route sinueuse et en lacets. Il faut se garer sur le côté pour laisser monter les voitures que nous croisons.
Il y a une supérette au bourg où nous arrivons pour 14 h30. Pas de neige. Par contre il pleut légèrement. Ambiance désagréable. Au bourg, boulangerie et pharmacie. Il y a là tout ce qu'il nous faut. Nous dévalisons le rayon des légumes et des fruits du Lidl. Le rayon boucherie. Le rayon des produits laitiers. Deux grosses miches de pain complet et bio. Pas de soucis pour le pain. Papa est un excellent boulanger et il adore faire du pain. À cet usage, nous prenons quatre paquets de farine complète et bio. Des noix, des amandes dont nous raffolons dans les salades et les brioches que confectionne papa. Nous ne nous attardons pas. Les sacs à dos sont lourds pour la remontée. Il neige. Nous sommes de retour au chalet pour seize heures trente. Il y a un couple de randonneurs assis à la grande table. Ils vont aller à la ferme auberge. Nous les reverrons probablement au réveillon. Nous déballons les affaires. Les mamies rangent en faisant l'inventaire des achats. Il y a de quoi tenir jusqu'à notre départ, dimanche 4 janvier au matin. Nous aurons notre avion pour quinze heures.
Repas du soir. Des frites avec du poisson panné. J'adore préparer la panure. C'est du dos de cabillaud blanc. Miam. Comme chaque soir, après la vaisselle, ce sont les veillées bercées par les chansons de papy guitariste. Je vais me déboîter la mâchoire à bailler ainsi. Je laisse la famille pour vingt deux heures. Au lit, mon ordinateur sur le ventre, je tente de regarder un film. J'adore l'acteur Dolph Lundgren. J'ai l'impression de voir Jonathan. L'acteur lui ressemblait tant lorsqu'il était jeune. Mon type d'homme. J'arrive à tenir dix minutes. J'éteins pour m'endormir paisiblement.
J'aime être vue au point d'en oublier de voir
Deux semaines en montagne - Épisode 9
Le retour du soleil
Quelle joie, au levé, ce mardi matin. Le ciel est bleu. Tout est blanc. Avec une température de moins quinze, tout est gelé. Il y a des stalactites accrochés à la soupente au-dessus de la fenêtre de ma chambre. Il est huit heures. J'entends les rires en bas. Je passe le survêtement sur mon pyjama. Pas de chauffage à l'étage. Je commence à grelotter. Les toilettes sont les seules à êtres chauffées dans le couloir du haut. Grâce au petit radiateur électrique alimenté par les panneaux photovoltaïques. Morte de faim, je me dépêche de descendre. Tout le monde est assis à la grande table. Mon bol m'attend. Les tranches de pain grillé sur les plaques de la cuisinière à bois. J'étale le beurre qui fond immédiatement. Papa me prépare les œufs au bacon. La préférence de nos petits déjeuners. Il a droit à deux bisous. Nous bavardons en faisant le programme de cette nouvelle journée. Inutile d'espérer partir pour une balade à skis. La neige est gelée sur bien dix centimètres. Nous traînons à table. Il est décidé que cet après-midi, ce sera une randonnée pédestre.
Dès la vaisselle terminée, mes mamies s'équipent pour partir en balade. Les papys, moins courageux, passent dans la pièce voisine pour leurs parties d'échecs. Papa, maman et moi, nous descendons à la cave. Une heure d'entraînement. Avec le froid qui règne aux sous-sols, il faut redoubler d'exercices d'échauffement. Ce qui est rudement motivant. Avec maman, comme hier, concours d'abdominaux alors que papa est déjà à ses tractions. Depuis petite, je suis impressionnée par sa musculature. Ses bras qui doivent avoir la circonférence de mes cuisses. Ses muscles superbement bien dessinés. Nous remontons pour dix heures quarante cinq. La douche. La salle de bain du chalet est chauffée par le même système électrique. Onze heures quinze. Je suis aux fourneaux. Ce midi ce seront des tomates farcies. Mon I-phone tout neuf posé sur la desserte, affichant la page "Marmiton" avec la recette. En accompagnement, des haricots verts et des petits pois à la crème et au Parmesan.
Les mamies sont de retour. Elles mettent les assiettes et les couverts. Papa et maman descendent de leur chambre. À la vue de leurs mines joviales. Je devine à quoi ils ont occupé cette demi heure. Nous dégustons ce repas simple mais délicieux. Comme à chaque fois, mes joues brûlent des bisous de remerciement. Non, je tiens à le préciser, je n'ai absolument rien de la fille modèle. Pour rien au monde je le voudrais d'ailleurs. C'est parce que j'aime faire la cuisine, tout simplement. Pas autant toutefois que de m'encanailler quand une de mes opportunités préférées se présente. Nous traînons à table. La vaisselle terminée, nous nous préparons. Il y a bien cinquante centimètres de neige poudreuse et gelée. Des congères d'au moins deux mètres contre l'arrière du chalet. Gants, bonnets, chaussures de marche. C'est parti. Il est quatorze heures trente. Nous montons jusqu'aux pieds des falaises pour prendre à gauche. Il y a plein de congères partout. On s'y enfonce parfois jusqu'aux genoux.
Nous contournons cette partie de la montagne en croisant nombre de randonneurs. Les amoureux de la montagne. L'autre ferme auberge près de la grande antenne relai du sommet. Les chocolats chauds et les meringues glacées y sont excellents. Il y a du monde. Une petite demi heure au chaud avant de reprendre le chemin. Avec tous les passages, la neige est tassée donc glissante. Les deux chalets privés devant lesquels nous posons pour quelques photos. Retour dans la merveilleuse nuit étoilée. Le croissant de lune est éblouissant. Ce sont les mamies qui s'affairent aux fourneaux. Je traîne sous la douche. C'est tellement bon. Gratin de courgettes et d'aubergines avec des calmars farcis à la viande hachée. Un repas succulent. La vaisselle puis la veillée. Le répertoire de papy guitariste est large et varié. Retraité de l'enseignement universitaire, il a toujours eu la passion de la chanson et de la musique. Le temps pour les pratiquer. Je bâille. Je n'arrive même plus à me concentrer sur les conversations. Je monte. Je suis au lit pour vingt deux heures.
Quelle joie, au levé, ce mardi matin. Le ciel est bleu. Tout est blanc. Avec une température de moins quinze, tout est gelé. Il y a des stalactites accrochés à la soupente au-dessus de la fenêtre de ma chambre. Il est huit heures. J'entends les rires en bas. Je passe le survêtement sur mon pyjama. Pas de chauffage à l'étage. Je commence à grelotter. Les toilettes sont les seules à êtres chauffées dans le couloir du haut. Grâce au petit radiateur électrique alimenté par les panneaux photovoltaïques. Morte de faim, je me dépêche de descendre. Tout le monde est assis à la grande table. Mon bol m'attend. Les tranches de pain grillé sur les plaques de la cuisinière à bois. J'étale le beurre qui fond immédiatement. Papa me prépare les œufs au bacon. La préférence de nos petits déjeuners. Il a droit à deux bisous. Nous bavardons en faisant le programme de cette nouvelle journée. Inutile d'espérer partir pour une balade à skis. La neige est gelée sur bien dix centimètres. Nous traînons à table. Il est décidé que cet après-midi, ce sera une randonnée pédestre.
Dès la vaisselle terminée, mes mamies s'équipent pour partir en balade. Les papys, moins courageux, passent dans la pièce voisine pour leurs parties d'échecs. Papa, maman et moi, nous descendons à la cave. Une heure d'entraînement. Avec le froid qui règne aux sous-sols, il faut redoubler d'exercices d'échauffement. Ce qui est rudement motivant. Avec maman, comme hier, concours d'abdominaux alors que papa est déjà à ses tractions. Depuis petite, je suis impressionnée par sa musculature. Ses bras qui doivent avoir la circonférence de mes cuisses. Ses muscles superbement bien dessinés. Nous remontons pour dix heures quarante cinq. La douche. La salle de bain du chalet est chauffée par le même système électrique. Onze heures quinze. Je suis aux fourneaux. Ce midi ce seront des tomates farcies. Mon I-phone tout neuf posé sur la desserte, affichant la page "Marmiton" avec la recette. En accompagnement, des haricots verts et des petits pois à la crème et au Parmesan.
Les mamies sont de retour. Elles mettent les assiettes et les couverts. Papa et maman descendent de leur chambre. À la vue de leurs mines joviales. Je devine à quoi ils ont occupé cette demi heure. Nous dégustons ce repas simple mais délicieux. Comme à chaque fois, mes joues brûlent des bisous de remerciement. Non, je tiens à le préciser, je n'ai absolument rien de la fille modèle. Pour rien au monde je le voudrais d'ailleurs. C'est parce que j'aime faire la cuisine, tout simplement. Pas autant toutefois que de m'encanailler quand une de mes opportunités préférées se présente. Nous traînons à table. La vaisselle terminée, nous nous préparons. Il y a bien cinquante centimètres de neige poudreuse et gelée. Des congères d'au moins deux mètres contre l'arrière du chalet. Gants, bonnets, chaussures de marche. C'est parti. Il est quatorze heures trente. Nous montons jusqu'aux pieds des falaises pour prendre à gauche. Il y a plein de congères partout. On s'y enfonce parfois jusqu'aux genoux.
Nous contournons cette partie de la montagne en croisant nombre de randonneurs. Les amoureux de la montagne. L'autre ferme auberge près de la grande antenne relai du sommet. Les chocolats chauds et les meringues glacées y sont excellents. Il y a du monde. Une petite demi heure au chaud avant de reprendre le chemin. Avec tous les passages, la neige est tassée donc glissante. Les deux chalets privés devant lesquels nous posons pour quelques photos. Retour dans la merveilleuse nuit étoilée. Le croissant de lune est éblouissant. Ce sont les mamies qui s'affairent aux fourneaux. Je traîne sous la douche. C'est tellement bon. Gratin de courgettes et d'aubergines avec des calmars farcis à la viande hachée. Un repas succulent. La vaisselle puis la veillée. Le répertoire de papy guitariste est large et varié. Retraité de l'enseignement universitaire, il a toujours eu la passion de la chanson et de la musique. Le temps pour les pratiquer. Je bâille. Je n'arrive même plus à me concentrer sur les conversations. Je monte. Je suis au lit pour vingt deux heures.
J'aime être vue au point d'en oublier de voir
Re: Deux semaines dans un chalet en montagne
Valona,
Un grand merci pour le partage de tes vacances en montagne pour les fêtes de fin d'année. Tout comme tes vacances cet été, tes récits nous font un peu rêver sur ton séjour si bien détaillé. On peut imaginer l'ambiance de ces paysages magnifiques, ces nuits étoilées, la neige pour cette deuxième semaine, rajoutant encore un peu de magie au décor.
Profites de ta famille, car aux travers de tes écrits, on peu tout de même y sentir cette complicité entre vous, la chance que tu as encore d'avoir avec toi tes grands parents maternels comme paternels, et surtout ce lien entre vous.
Je te souhaite un beau réveillon en famille, dans cette ambiance charmante, profite bien et amuse toi bien
A bientôt
Un grand merci pour le partage de tes vacances en montagne pour les fêtes de fin d'année. Tout comme tes vacances cet été, tes récits nous font un peu rêver sur ton séjour si bien détaillé. On peut imaginer l'ambiance de ces paysages magnifiques, ces nuits étoilées, la neige pour cette deuxième semaine, rajoutant encore un peu de magie au décor.
Profites de ta famille, car aux travers de tes écrits, on peu tout de même y sentir cette complicité entre vous, la chance que tu as encore d'avoir avec toi tes grands parents maternels comme paternels, et surtout ce lien entre vous.
Je te souhaite un beau réveillon en famille, dans cette ambiance charmante, profite bien et amuse toi bien
A bientôt

Deux semaines en montagne - Épisode 10
Le réveillon du 31 décembre
Nous arrivons à la ferme auberge pour dix neuf heures. Il y a déjà du monde. Il y a soixante cinq places disponibles dans la grande salle. Une vingtaine dans la petite. Notre table est près de la grande cheminée. Pas loin de la scène. Les convives ne cessent d'arriver par petits groupes. La nuit est magnifique et étoilée. Le croissant de lune a encore grandi. Elle sera pleine samedi, pour notre dernière soirée en montagne. La bâtisse est située à 1320 mètres d'altitude. Le froid est glacial avec moins dix sept degrés. Je ne fais plus vraiment la différence dès qu'elle tombe à moins cinq degrés. Le groupe qui assure l'animation fait ses derniers réglages. Une chanteuse noire, belle et vêtue d'une longue robe rouge. Les trois musiciens sont en smokings noirs. Comment ont-ils fait pour êtres aussi impeccables et si élégants ? Mystère et boules de sapin. Nous prenons place. La table est superbe. Nappes blanches, bougies blanches. Serviettes blanches. On y retrouve les mêmes motifs dentelles en fleurs de lys. Absolutely stunning !
En entrée, fruits de mer. Les quatre serveuses ont de quoi faire. Visiblement de grandes professionnelles. Elles virevoltent entre les tables, indiquant aux nouveaux arrivants les places qui leurs sont assignées. Des Anglais, des Allemands, des Hollandais, (ont les reconnait à leurs accents gutturaux). Peu de compatriotes. Ce sont les Suisses qui sont les plus enjoués. Différentes sortes de mayonnaises, aux câpres, aux olives, au paprika, aux piments, à l'ail ou encore à la tomate. Avec les crevettes et le crabe c'est succulent. Puis une soupe "fermière" présentée dans de ravissants bols octogonaux. Le plat de résistance. Du sanglier accompagné de petites pommes de terre et de légumes confis. Aubergines, courgettes, tomates. C'est tout simplement divin. Le groupe entame son premier set. Ce sont des sets de vingt minutes entrecoupés de pauses d'une dizaine de minutes. Un répertoire qui oscille entre le jazz des années quarante et la variété Américaine des années cinquante. C'est formidable. Un batteur, un contrebassiste et un guitariste. La version de Don't be cruel de Elvis Presley est réclamée à plusieurs reprises.
Il y a de longs moments entre l'arrivée des plats. Ce qui est parfait car cela permet des pauses. Nous savourons autant les plats qui se succèdent que la musique. Je crois bien que c'est un de mes plus beaux réveillons. Peut-être supérieur à celui que nous avons vécu il y a sept ans sur un bateau de croisière. Bien évidement, tout est différent mais j'évoque l'ambiance. Tout le monde fait des photos. Nous bavardons. Je suis entre mes deux papys qui me chuchotent des propos délicieusement délurés. Je ris aux éclats. Papa et maman, comme des amoureux, se chuchotent eux aussi des choses. Maman a le même rire que moi. Ça rit d'ailleurs à toutes les tables. Voilà le dessert. Des tranches de tartes aux pommes caramélisées. Il y a deux couples qui dansent devant la scène. Malgré l'étroitesse de l'endroit. La chanteuse noire est tellement belle que j'en éprouve une curieuse attirance. Quand elle se tourne, la large échancrure en triangle de sa robe de satin rouge laisse voir son dos jusqu'à ses lombaires. C'est exquis. J'en veux une comme ça !
Il va être vingt trois heures trente. Je ne suis pas la seule à bâiller. Avec toute l'eau que j'ai bu, je n'arrête pas de faire des aller retour aux toilettes. Ce n'est plus très propre avec tout le monde qui n'a cessé d'y défiler toute la soirée. Les cafés, les thés, les infusions et les chocolats chauds concluent ce repas extraordinaire. Maman est assise sur les genoux de papa. Mes mamies discutent avec les femmes de la table voisine. Mon papy guitariste discute avec celui de l'orchestre. Et probablement d'autres guitaristes parmi les clients. J'aimerais bien faire la connaissance de la chanteuse mais il y a tellement de monde autour d'elle. Mes yeux piquent et mes paupières tombent. Tout le monde se souhaite la bonne année à minuit tapante. J'évite toutes bises autres que celles de ma famille. Je déteste les contacts physiques avec des inconnus. Il y a quelques messieurs qui insistent. Je sais alors me montrer distante. Maman m'adresse un clin d'œil car elle a la même attitude.
Nous revêtons nos pulls, nos anoraks, nos bonnets, nos gants. Il y a un quart d'heure de marche pour revenir. Fort heureusement, le chemin est en pente descendante. Dans le froid, en affrontant un vent glacial. J'en ai les larmes aux yeux. Il est presque une heure du matin quand nous sommes de retour. Il faut recharger les poêles en bois pour la nuit. Sinon, demain matin, jeudi, ce sera insupportable. Dans mon pyjama, sous mes couvertures, mes pieds sur la bouillotte, je plonge dans un profond sommeil.
Je souhaite à toutes mes lectrices, à tous mes lecteurs, une nouvelle année pleine de belles surprises. Que la fatalité nous évite le pire...
Un merci tout spécial pour Capucine. Bisous
Nous arrivons à la ferme auberge pour dix neuf heures. Il y a déjà du monde. Il y a soixante cinq places disponibles dans la grande salle. Une vingtaine dans la petite. Notre table est près de la grande cheminée. Pas loin de la scène. Les convives ne cessent d'arriver par petits groupes. La nuit est magnifique et étoilée. Le croissant de lune a encore grandi. Elle sera pleine samedi, pour notre dernière soirée en montagne. La bâtisse est située à 1320 mètres d'altitude. Le froid est glacial avec moins dix sept degrés. Je ne fais plus vraiment la différence dès qu'elle tombe à moins cinq degrés. Le groupe qui assure l'animation fait ses derniers réglages. Une chanteuse noire, belle et vêtue d'une longue robe rouge. Les trois musiciens sont en smokings noirs. Comment ont-ils fait pour êtres aussi impeccables et si élégants ? Mystère et boules de sapin. Nous prenons place. La table est superbe. Nappes blanches, bougies blanches. Serviettes blanches. On y retrouve les mêmes motifs dentelles en fleurs de lys. Absolutely stunning !
En entrée, fruits de mer. Les quatre serveuses ont de quoi faire. Visiblement de grandes professionnelles. Elles virevoltent entre les tables, indiquant aux nouveaux arrivants les places qui leurs sont assignées. Des Anglais, des Allemands, des Hollandais, (ont les reconnait à leurs accents gutturaux). Peu de compatriotes. Ce sont les Suisses qui sont les plus enjoués. Différentes sortes de mayonnaises, aux câpres, aux olives, au paprika, aux piments, à l'ail ou encore à la tomate. Avec les crevettes et le crabe c'est succulent. Puis une soupe "fermière" présentée dans de ravissants bols octogonaux. Le plat de résistance. Du sanglier accompagné de petites pommes de terre et de légumes confis. Aubergines, courgettes, tomates. C'est tout simplement divin. Le groupe entame son premier set. Ce sont des sets de vingt minutes entrecoupés de pauses d'une dizaine de minutes. Un répertoire qui oscille entre le jazz des années quarante et la variété Américaine des années cinquante. C'est formidable. Un batteur, un contrebassiste et un guitariste. La version de Don't be cruel de Elvis Presley est réclamée à plusieurs reprises.
Il y a de longs moments entre l'arrivée des plats. Ce qui est parfait car cela permet des pauses. Nous savourons autant les plats qui se succèdent que la musique. Je crois bien que c'est un de mes plus beaux réveillons. Peut-être supérieur à celui que nous avons vécu il y a sept ans sur un bateau de croisière. Bien évidement, tout est différent mais j'évoque l'ambiance. Tout le monde fait des photos. Nous bavardons. Je suis entre mes deux papys qui me chuchotent des propos délicieusement délurés. Je ris aux éclats. Papa et maman, comme des amoureux, se chuchotent eux aussi des choses. Maman a le même rire que moi. Ça rit d'ailleurs à toutes les tables. Voilà le dessert. Des tranches de tartes aux pommes caramélisées. Il y a deux couples qui dansent devant la scène. Malgré l'étroitesse de l'endroit. La chanteuse noire est tellement belle que j'en éprouve une curieuse attirance. Quand elle se tourne, la large échancrure en triangle de sa robe de satin rouge laisse voir son dos jusqu'à ses lombaires. C'est exquis. J'en veux une comme ça !
Il va être vingt trois heures trente. Je ne suis pas la seule à bâiller. Avec toute l'eau que j'ai bu, je n'arrête pas de faire des aller retour aux toilettes. Ce n'est plus très propre avec tout le monde qui n'a cessé d'y défiler toute la soirée. Les cafés, les thés, les infusions et les chocolats chauds concluent ce repas extraordinaire. Maman est assise sur les genoux de papa. Mes mamies discutent avec les femmes de la table voisine. Mon papy guitariste discute avec celui de l'orchestre. Et probablement d'autres guitaristes parmi les clients. J'aimerais bien faire la connaissance de la chanteuse mais il y a tellement de monde autour d'elle. Mes yeux piquent et mes paupières tombent. Tout le monde se souhaite la bonne année à minuit tapante. J'évite toutes bises autres que celles de ma famille. Je déteste les contacts physiques avec des inconnus. Il y a quelques messieurs qui insistent. Je sais alors me montrer distante. Maman m'adresse un clin d'œil car elle a la même attitude.
Nous revêtons nos pulls, nos anoraks, nos bonnets, nos gants. Il y a un quart d'heure de marche pour revenir. Fort heureusement, le chemin est en pente descendante. Dans le froid, en affrontant un vent glacial. J'en ai les larmes aux yeux. Il est presque une heure du matin quand nous sommes de retour. Il faut recharger les poêles en bois pour la nuit. Sinon, demain matin, jeudi, ce sera insupportable. Dans mon pyjama, sous mes couvertures, mes pieds sur la bouillotte, je plonge dans un profond sommeil.
Je souhaite à toutes mes lectrices, à tous mes lecteurs, une nouvelle année pleine de belles surprises. Que la fatalité nous évite le pire...
Un merci tout spécial pour Capucine. Bisous
J'aime être vue au point d'en oublier de voir
Deux semaines en montagne - Épisode 11
Lendemain de fêtes
Mon quota de sommeil ne répond pas aux exigences que je m'impose. Pourtant, je suis réveillée dès huit heures. Je cavale aux toilettes. Il y fait bien chaud grâce au petit radiateur électrique. Je regarde par la lucarne. Le ciel est encombré de nuages d'altitude. Nul doute que le peu de bleu qui subsiste va disparaître rapidement. Je garde mon pyjama sous mon survêtement pour descendre. Il y a juste maman qui s'occupe du café à la cuisine. Nous rions de nos mines un peu défaites. Je fais griller les tranches de pain sur la plaque de la cuisinière à bois. Voilà papa qui arrive. Il s'occupe des œufs. J'étale les tranches de bacon sur le pain. L'odeur met en appétit. Les mamies déboulent à leurs tour. Les mains au-dessus du poêle. Les papys rappliquent et font de même. Maman met les bols sur la table de la grande salle. Nous prenons notre petit déjeuner en revenant sur la soirée du réveillon. Le constat est sans appel. C'était superbe et restera un beau souvenir. Nous traînons à table. Papa est descendu vers six heures. Il en a profité pour bourrer les poêles de la grande salle et de la petite. Avant de remonter. Il fait bien chaud. Vingt trois degrés dans les communs. Vingt cinq à la salle de bain.
Les mamies insistent pour faire la vaisselle. Les papys s'installent devant le jeu d'échecs. Papa, maman et moi, enfilons les anoraks pour descendre à la cave. La température extérieure est de moins quatorze degrés. Le vent agite les branches des hauts sapins noirs. Il participe de cette atmosphère polaire. Il faut s'échauffer une bonne dizaine de minutes avant de nous entraîner. Les exercices abdominaux. Les rotations de buste. Je m'accroche aux poutres apparentes pour des tractions. C'est excellent pour les bras, les deltoïdes, les pectoraux et le dos. J'ai mes "petits machins" depuis ce matin. Des contractions me gênent un peu. J'ai pris mon médoc. En relevant les jambes et en les laissant en angle droit, c'est excellent pour les abdominaux, les cuisses et les fessiers. Avec maman, nous essayons de battre nos records. Papa soulève ses charges additionnelles improvisées. Des seaux emplis de neige tassée et glacée. Un dans chaque main, il pratique ses curls. Puis, en passant une barre dans les anses des seaux, il pratique ses squats. Nous sommes bien chauds mais quand nous respirons, de la vapeur sort de nos bouches et de nos narines. Nous voilà quittes de nos disciplines. Nous remontons. Il y a de petits flocons de neige qui recommencent à tomber. Quand j'ai mes "petits machins" je ne prends pas de douche. Je me lave au lavabo.
Il va être onze heures trente. C'est moi qui suis aux fourneaux. Interdiction d'entrer dans la cuisine. La recette "Marmiton" affichée sur l'écran de mon I-phone. Pour midi et demi, ce seront des tartes flambées. Lardons, oignons, gruyère de Comté. Je prépare consciencieusement le nécessaire. La pâte à pain à laquelle j'incorpore du jus d'ail que je presse. Inutile de laisser reposer la pâte que je pétris tout de même énergiquement. Ça toque à la porte. Je crie : << Interdit ! >>. La voix de maman : << Je viens préparer les salades ! >>. Elle me rejoint. Je mets quatre tartes flambées sur les quatre plaques du four. Une véritable étuve. Une chaleur infernale. Le temps de sortir la pile d'assiettes du placard. Les couverts. J'emmène le tout dans la grande salle. Les mamies prennent le relai. Je reviens aider maman. Les feuilles de laitues que je passe dans l'essoreuse. Maman coupe l'ail, les échalotes. Je dénoyaute les olives noires "à la Grecque". Je coupe les avocat en tranches. Une dizaine de cerneaux de noix avec l'huile d'olive. Le jus d'un demi citron. L'assaisonnement est fait. Maman rajoute les feuilles de laitue et les fines tranches de deux gros avocats. Je saupoudre de levure diététique en paillettes. Miam. Je m'en verse un peu dans la main parce que j'adore le goût.
Quatre autres tartes flambées dans le four pendant que nous nous partageons les premières. Je reçois plein de bisous. Merci "Marmiton". Je retourne chercher la seconde fournée. Je reviens mettre les quatre dernières tartes dans l'enfer du four. Elles sont cuites, dorées à souhait, en même pas huit minutes. Il faut vraiment surveiller. Nous traînons à table. Il faut allumer les lumières car les nuages ont apporté la pénombre dans la maison. J'adore ces ambiances élégiaques. C'est magique. Cela renvoi à l'enfance. La vaisselle. Papa plonge, nous essuyons. Je connais toutes les paroles des chansons paillardes qu'entament les papys, armés de torchons. << En revenant de Nantes ! >> et son refrain récurrent. << Trois orfèvres à la Saint Éloi ! >> et ses sous entendus coquins. Nous rions comme des fous. Il va être quatorze heures. Les mamies et les papys décident de rester au chaud. Les mamies ont leurs livres. Le papy guitariste s'installe avec son instrument, l'autre allume son ordinateur. Papa, maman et moi enfilons nos anoraks. Bonnets, gants, écharpes, grosses godasses. Je porte deux paires de chaussettes, un legging sous mon pantalon. Un pull en laine sur mon col roulé en coton. Nous descendons à la cave. Nous récupérons les toiles cirées pliées dans le local ski. Ce sont de vieilles nappes. Rien de mieux pour faire des descentes derrière le chalet.
Une fine neige ne cesse de tomber. Avec les cinquante centimètres de l'ancienne, bien gelée, elle tient. Nous montons le pré jusqu'aux pieds de la falaise. La pente est régulière. Arrivée en haut, il suffit d'étaler les toiles cirées de s'y coucher, de la tenir à deux coins. Et c'est parti. Descente vertigineuse. Nous prenons de la vitesse en poussant des cris d'animaux qui n'existent pas. Arrivés en bas de la pente, il faut bloquer avec les talons. Sinon c'est la pente dangereuse devant le chalet. La forêt. C'est absolument génial. Nous nous amusons comme des gosses. Trois premières remontées pénibles dans la neige. Ça glisse. Nous ressemblons à des bonhommes de neige après la quatrième descente. Les mamies et les papys sur le balcon qui applaudissent nos performances. Pour ce premier jour de l'année c'est une activité ludique merveilleuse. À force de descendre, nous avons formé une véritable piste. La neige est damée. À chaque descente, la vitesse est plus grande. Je suis à plat ventre, couchée sur ma nappe, à piloter mon "bolide". Je me ramasse de la neige plein de visage. Elle pénètre par mon écharpe détendue. Comme c'est désagréable !
Le ciel gris et sombre annonce le crépuscule. Inutile que le jeu devienne dangereux. Nous rentrons. La chaleur de la maison est une bénédiction. Les mamies nous ont préparé des bols de chocolats chauds. Jamais, un chocolat chaud ne m'a paru aussi bon. Je garde les mains sur le bol bouillant pour bien les réchauffer. << Ce soir, gratin de pâtes avec côtes de porc pannées ! Qui qu'en veut ? >> lance papa. Nous levons tous les six la main en criant : << Oui ! Oh oui ! >>. Je me propose pour une salade de carottes. << Pas question ! >> s'écrie la mamie paternelle. Je m'installe dans le fauteuil à bascule en rotin avec mon nouvel I-phone. Malgré les conditions météorologiques, la connexion est parfaite. Ce phénomène est sans doute possible par la présence de l'antenne relai pas très loin. Mon profil Instagram et mon profil Tik Tok pour découvrir les publications de mes contacts. Mon estomac ronronne. J'ai faim. Il est dix neuf heures quand nous dégustons un délicieux gratin de pâtes. Des macaronis recouverts d'une couche de ce succulent gruyère Suisse d'Appenzeller. Mon Dieu, avec les côtelettes de porc pannées, c'est à tomber tellement c'est bon. Une Béchamel bien délayée que j'étale sur le tout. Nous traînons à table. La fatigue nous gagne. Nous n'avons pas notre quota de sommeil. Et en ce que concerne, les folies de l'après-midi m'ont achevé. Dès la vaisselle terminée, vers vingt et une heures, je laisse tout le monde pour monter me coucher. Avec ma bouillotte.
Mon quota de sommeil ne répond pas aux exigences que je m'impose. Pourtant, je suis réveillée dès huit heures. Je cavale aux toilettes. Il y fait bien chaud grâce au petit radiateur électrique. Je regarde par la lucarne. Le ciel est encombré de nuages d'altitude. Nul doute que le peu de bleu qui subsiste va disparaître rapidement. Je garde mon pyjama sous mon survêtement pour descendre. Il y a juste maman qui s'occupe du café à la cuisine. Nous rions de nos mines un peu défaites. Je fais griller les tranches de pain sur la plaque de la cuisinière à bois. Voilà papa qui arrive. Il s'occupe des œufs. J'étale les tranches de bacon sur le pain. L'odeur met en appétit. Les mamies déboulent à leurs tour. Les mains au-dessus du poêle. Les papys rappliquent et font de même. Maman met les bols sur la table de la grande salle. Nous prenons notre petit déjeuner en revenant sur la soirée du réveillon. Le constat est sans appel. C'était superbe et restera un beau souvenir. Nous traînons à table. Papa est descendu vers six heures. Il en a profité pour bourrer les poêles de la grande salle et de la petite. Avant de remonter. Il fait bien chaud. Vingt trois degrés dans les communs. Vingt cinq à la salle de bain.
Les mamies insistent pour faire la vaisselle. Les papys s'installent devant le jeu d'échecs. Papa, maman et moi, enfilons les anoraks pour descendre à la cave. La température extérieure est de moins quatorze degrés. Le vent agite les branches des hauts sapins noirs. Il participe de cette atmosphère polaire. Il faut s'échauffer une bonne dizaine de minutes avant de nous entraîner. Les exercices abdominaux. Les rotations de buste. Je m'accroche aux poutres apparentes pour des tractions. C'est excellent pour les bras, les deltoïdes, les pectoraux et le dos. J'ai mes "petits machins" depuis ce matin. Des contractions me gênent un peu. J'ai pris mon médoc. En relevant les jambes et en les laissant en angle droit, c'est excellent pour les abdominaux, les cuisses et les fessiers. Avec maman, nous essayons de battre nos records. Papa soulève ses charges additionnelles improvisées. Des seaux emplis de neige tassée et glacée. Un dans chaque main, il pratique ses curls. Puis, en passant une barre dans les anses des seaux, il pratique ses squats. Nous sommes bien chauds mais quand nous respirons, de la vapeur sort de nos bouches et de nos narines. Nous voilà quittes de nos disciplines. Nous remontons. Il y a de petits flocons de neige qui recommencent à tomber. Quand j'ai mes "petits machins" je ne prends pas de douche. Je me lave au lavabo.
Il va être onze heures trente. C'est moi qui suis aux fourneaux. Interdiction d'entrer dans la cuisine. La recette "Marmiton" affichée sur l'écran de mon I-phone. Pour midi et demi, ce seront des tartes flambées. Lardons, oignons, gruyère de Comté. Je prépare consciencieusement le nécessaire. La pâte à pain à laquelle j'incorpore du jus d'ail que je presse. Inutile de laisser reposer la pâte que je pétris tout de même énergiquement. Ça toque à la porte. Je crie : << Interdit ! >>. La voix de maman : << Je viens préparer les salades ! >>. Elle me rejoint. Je mets quatre tartes flambées sur les quatre plaques du four. Une véritable étuve. Une chaleur infernale. Le temps de sortir la pile d'assiettes du placard. Les couverts. J'emmène le tout dans la grande salle. Les mamies prennent le relai. Je reviens aider maman. Les feuilles de laitues que je passe dans l'essoreuse. Maman coupe l'ail, les échalotes. Je dénoyaute les olives noires "à la Grecque". Je coupe les avocat en tranches. Une dizaine de cerneaux de noix avec l'huile d'olive. Le jus d'un demi citron. L'assaisonnement est fait. Maman rajoute les feuilles de laitue et les fines tranches de deux gros avocats. Je saupoudre de levure diététique en paillettes. Miam. Je m'en verse un peu dans la main parce que j'adore le goût.
Quatre autres tartes flambées dans le four pendant que nous nous partageons les premières. Je reçois plein de bisous. Merci "Marmiton". Je retourne chercher la seconde fournée. Je reviens mettre les quatre dernières tartes dans l'enfer du four. Elles sont cuites, dorées à souhait, en même pas huit minutes. Il faut vraiment surveiller. Nous traînons à table. Il faut allumer les lumières car les nuages ont apporté la pénombre dans la maison. J'adore ces ambiances élégiaques. C'est magique. Cela renvoi à l'enfance. La vaisselle. Papa plonge, nous essuyons. Je connais toutes les paroles des chansons paillardes qu'entament les papys, armés de torchons. << En revenant de Nantes ! >> et son refrain récurrent. << Trois orfèvres à la Saint Éloi ! >> et ses sous entendus coquins. Nous rions comme des fous. Il va être quatorze heures. Les mamies et les papys décident de rester au chaud. Les mamies ont leurs livres. Le papy guitariste s'installe avec son instrument, l'autre allume son ordinateur. Papa, maman et moi enfilons nos anoraks. Bonnets, gants, écharpes, grosses godasses. Je porte deux paires de chaussettes, un legging sous mon pantalon. Un pull en laine sur mon col roulé en coton. Nous descendons à la cave. Nous récupérons les toiles cirées pliées dans le local ski. Ce sont de vieilles nappes. Rien de mieux pour faire des descentes derrière le chalet.
Une fine neige ne cesse de tomber. Avec les cinquante centimètres de l'ancienne, bien gelée, elle tient. Nous montons le pré jusqu'aux pieds de la falaise. La pente est régulière. Arrivée en haut, il suffit d'étaler les toiles cirées de s'y coucher, de la tenir à deux coins. Et c'est parti. Descente vertigineuse. Nous prenons de la vitesse en poussant des cris d'animaux qui n'existent pas. Arrivés en bas de la pente, il faut bloquer avec les talons. Sinon c'est la pente dangereuse devant le chalet. La forêt. C'est absolument génial. Nous nous amusons comme des gosses. Trois premières remontées pénibles dans la neige. Ça glisse. Nous ressemblons à des bonhommes de neige après la quatrième descente. Les mamies et les papys sur le balcon qui applaudissent nos performances. Pour ce premier jour de l'année c'est une activité ludique merveilleuse. À force de descendre, nous avons formé une véritable piste. La neige est damée. À chaque descente, la vitesse est plus grande. Je suis à plat ventre, couchée sur ma nappe, à piloter mon "bolide". Je me ramasse de la neige plein de visage. Elle pénètre par mon écharpe détendue. Comme c'est désagréable !
Le ciel gris et sombre annonce le crépuscule. Inutile que le jeu devienne dangereux. Nous rentrons. La chaleur de la maison est une bénédiction. Les mamies nous ont préparé des bols de chocolats chauds. Jamais, un chocolat chaud ne m'a paru aussi bon. Je garde les mains sur le bol bouillant pour bien les réchauffer. << Ce soir, gratin de pâtes avec côtes de porc pannées ! Qui qu'en veut ? >> lance papa. Nous levons tous les six la main en criant : << Oui ! Oh oui ! >>. Je me propose pour une salade de carottes. << Pas question ! >> s'écrie la mamie paternelle. Je m'installe dans le fauteuil à bascule en rotin avec mon nouvel I-phone. Malgré les conditions météorologiques, la connexion est parfaite. Ce phénomène est sans doute possible par la présence de l'antenne relai pas très loin. Mon profil Instagram et mon profil Tik Tok pour découvrir les publications de mes contacts. Mon estomac ronronne. J'ai faim. Il est dix neuf heures quand nous dégustons un délicieux gratin de pâtes. Des macaronis recouverts d'une couche de ce succulent gruyère Suisse d'Appenzeller. Mon Dieu, avec les côtelettes de porc pannées, c'est à tomber tellement c'est bon. Une Béchamel bien délayée que j'étale sur le tout. Nous traînons à table. La fatigue nous gagne. Nous n'avons pas notre quota de sommeil. Et en ce que concerne, les folies de l'après-midi m'ont achevé. Dès la vaisselle terminée, vers vingt et une heures, je laisse tout le monde pour monter me coucher. Avec ma bouillotte.
J'aime être vue au point d'en oublier de voir
